top of page

Le Cri du Nord

Ezekiel - période 1                                                                    page 50

Ezékiel titubait sur le rivage. À chaque quelques pas, il trébuchait sur une roche et s’étalait de tout son long. Il n’utilisait pas sa main droite pour se protéger. Il tenait une bouteille de vodka et ne voulait pas la briser. La rive était recouverte de grosses roches et il se blessait à chaque chute. Il se relevait pourtant sans ne sembler avoir mal. Son jeans se tachait de sang à plusieurs endroits et il devait avoir de nombreuses contusions sur le corps. Il prit une autre gorgée de vodka et essaya de nouveau de marcher. Il tomba et don front heurta l'arrête d'un rocher. Cette fois, il lança quelques jurons en se frottant le front. Il se beurra de sang rouge vif. Malgré son état d’ébriété avancé, il eût la bonne idée de se diriger vers le sous-bois. "Moins de roches, moins de chutes!", se dit-il en riant. Il réussit à traverser les quelques mètres qui le séparait d’une marche moins entravée. Après quelques pas, il trébucha de nouveau sur un tronc d’arbre et se retrouva la face bien aplatie dans le humus. Il se releva en jurant de plus belle, mais s’arrêta soudainement lorsqu’il vit que ce n’était pas un tronc d’arbre qui avait barré sa route. C’était un canot dissimulé à travers les buissons. Ce moyen de transport lui plaisait pas mal plus que ses jambes et il se dit que le destin l’avait placé à cet endroit juste pour lui. Sans déposer sa bouteille, il fouilla la broussaille pour trouver l’extrémité du canot. Il se mit ensuite à essayer de le traîner vers la rive de sa main gauche. Son pas incertain et son manque d’équilibre le fît trébucher de nouveau à plusieurs reprises, mais il réussit tout de même à l’amener sur la rive. Il essaya ensuite de le tirer au travers des rochers, mais le canot ne cessait de se renverser sur le côté. Zek cessa de le tirer et s’assied sur une roche, épuisé. Il lui semblait pourtant que c’était une bonne idée. Il pourrait ramer jusqu’à l’île dont on ne disait pas le nom et y dormir jusqu’à se qu’il se soit dégrisé un peu. Mais, il lui fallait s’étendre quelques minutes pour que sa tête cesse de tourner. Il sentait soudainement qu’il allait vomir. Il perda conscience, étalé de tout son long, ensanglanté. C'est alors que Kalan l'aperçut.


Ezékiel avait vaguement conscience d’être sur un bateau. Le balancement accentuait le mal qu’il ressentait dans sa tête et lui donnait vachement l’envie de vomir. Il s’entendit gémir et essaya de se prendre la tête entre ses mains pour atténuer la douleur. Une autre brosse majeure. Il tâtonna vers ses poches. Un peu de coke lui clarifierait les idées, mais il n’arrivait pas à contrôler suffisamment ses mouvements pour trouver ce qu’il voulait. Il tenta de se retourner et s’assoupit de nouveau en se disant qu’il se réveillerait un peu plus tard lorsqu’il irait mieux.


Cette fois, la première chose dans son champ de vision à son réveil était Kalan. Que faisait-il dans un bateau avec lui? Pas moyen de retirer quelques informations que ce soit de son cerveau à ce moment. Il se dit que cela ne valait même pas la peine de se poser la question. Il avait bu et voilà. Il était dans un bateau avec Kalan. Il leva la tête pour essayer de voir où ils étaient. Devant lui, il n’y avait que de l’eau. Il sentit tout à coup une vague de nausée. Il se recoucha en émettant un gémissement de douleur. Oh, comme sa tête faisait mal. Il resta allongé en écoutant le bruit des rames qui fendaient l’eau et il devinait que Kalan essayait d’éviter les rochers. Tant mieux s’ils allaient s’arrêter car le mouvement des vagues ne faisaient qu’accentuer ses nausées. Il ouvrit les yeux, vit une ligne de lumière à l’horizon et réalisa que le matin venait de se lever. Il essaya de replacer les faits et gestes d’une nuit entière, mais ce n’était qu’un grand vide. Il se frotta de nouveau la tête comme s’il lui était possible d’effacer la douleur. La brise fraiche du lac lui faisait du bien. Il se releva sur ses coudes pour essayer d’en recevoir un peu plus. Il prit une grande respiration qui amena avec elle un peu plus clarté dans la broussaille de son cerveau. Il commençait à aller mieux. Il regarda de nouveau Kalan qui était tout tendu, le regard rivé vers l’eau. Il espérait qu’il soit capable d’éviter la catastrophe, mais il en doutait. Il n’arrivait habituellement à rien faire de bon, ce niochon. Mais qu’est-ce qu’il faisait avec lui? Depuis quand se tenait-il avec un retardé pareil? D’ailleurs, il n’avait aucune idée de ce que Marie-Ange voyait en ce gars. C’était un idiot pur et simple. Elle devait le trouver coquet. Oui, il fallait que ça soit cela parce qu’une fille aussi intelligente qu’elle ne pouvait certainement pas respecter un gars comme Kalan. Il ne savait ni lire, ni compter, n’arrivait pas à dire un mot dan une autre langue que le Cri et, n’avait aucune idée de comment fonctionnait un cellulaire ou un ordinateur. Il disait qu’il était fier d’être un homme des bois! Ezékiel se doutait que ce n’était que des paroles en l’air. Il avait entendu dire qu’il ne valait pas grand-chose à la chasse et que plusieurs aînés donnaient maintenant des excuses pour ne pas l’amener avec eux. Il n’arrivait à ses fins qu’à cause de ses beaux yeux. L'innocent! C’est vrai qu’il avait quelque chose ce jeune. Un sourire éclatant et un regard innocent. On le sentait tout neuf et sans défense, comme s’il venait de naître. Ezékiel était encore légèrement intoxiqué et sa pensée divaguait. Il se mit à penser à cette fille qu’il avait violé l’été dernier, à son innocence et  à l'intensité de la sensation qu’il avait ressentie. Il était le plus fort. Il avait le plein contrôle sur cette fille et cela, lui avait donné un orgasme comme il n’en avait jamais eu auparavant. Il sentit son membre se durcir avant de le voir se dresser dans son jeans sale. La pression occasionné par l’ajustement serré de son pantalon lui donnait suffisamment de plaisir pour garder son désir éveillé. Il regarda de nouveau Kalan qui était maintenant agenouillé en avant du canot et légèrement penché en avant pour mieux voir les rochers sous l’eau. Ezékiel porta la main à son entre jambe et frotta un peu en observant l'arrière-train de Kalan. Il se sentait tout puissant, fort et dominateur. Il savait que ce serait facile de maîtriser le garçon. Il était petit et pas très fort. Sous ses 6 pieds et son poids de 180 livres, Kalan ne pourrait se débattre longtemps. Des flashbacks entraient et sortaient de sa tête à une vitesse fulgurante. Il se voyait à cinq ans se faire prendre par derrière par son frère. Une rage incroyable remplit son être du bout de ses orteils jusqu’à son cerveau. Malgré un léger manque d’habilité occasionné par un reste d’alcool dans son sang, il sauta sur Kalan par derrière, lui passa le bras autour du cou et serra. Le poids du corps d'Ezékiel pencha le jeune par-dessus le banc avant du canot. En soutenant son corps sur le corps de Kalan, il détacha le pantalon de Kalan, tira dessus pour dénuder ses fesses et dézippa son jeans. À chaque fois que Kalan essayait de bouger, il serrait son bras sur sa trachée et Kalan s’immobilisait de nouveau. Ezékiel lécha son pouce, chercha l’ouverture, inséra son pouce à l’intérieur et le pénétra profondément  d’un seul coup. Il ferma les yeux et bougea rythmiquement en serrant de plus en plus son bras sur la gorge de Kalan qui avait le visage enflé et le yeux si grands ouverts qu’on voyait autant du blanc de son œil que du noir de ses pupilles. Ézékiel lacha soudainement un cri de victoire et desserra son bras en tombant sur le corps inerte de Kalan.

Lorsque Zek releva finalement la tête, il vit un bateau devant lui.

Roman Fiction
Le Cri du Nord

Version numérique 

La vie dans une communauté autochtone du Grand Nord est-elle vraiment tel qu'on le pense? Les problèmes sociaux occasionnés par le traumatisme intergénérationnel  sont-ils vraiment aussi prévalents? Évelyne rêvait d'air pur, de nature et dune vie paisible. Avait-elle bien choisi? Ce qui l'attendait là-bas, au-delà du 49ième parrallèle, n'était peut-être pas ce qu'elle désirait et l'affecterait elle, et sa famille, pour toujours.

Call 

581-579-6644

Email 

Follow

  • Instagram
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube

 

© 2026, Dany L. Gauthier & Plume Blanche écrit

All pictures, text and jewelry designs are Copyrighted. For permission to use, email.

bottom of page